Prendre du temps pour soi : un enjeu vital pour les parents
Être parent, c’est aimer, donner, organiser mille choses… mais aussi se sentir happé, parfois, par le quotidien et par un certain sens du devoir qui laisse peu de place au ressourcement personnel. Pourtant, s’accorder du temps pour soi n’est pas un caprice. C’est une nécessité, autant pour préserver sa santé mentale que pour renforcer le lien familial.
Alors, comment reprendre son souffle, sans céder à la culpabilité ou au sentiment d’égoïsme ? Voici un guide concret, illustré de conseils, d’astuces pratico-pratiques et de repères pour agir pas à pas.
Comprendre la nécessité du temps pour soi : casser les idées reçues
De nombreux parents, et surtout les mères, intériorisent l’idée qu’un « bon parent » doit être disponible à chaque instant. Il est donc fréquent de culpabiliser dès qu’on ressent le besoin de faire une pause, de s’évader ou de penser à autre chose qu’aux enfants. Or, s’oublier totalement est rarement source d’équilibre, ni pour le parent, ni pour la famille !
Un parent épanoui, c’est aussi un parent capable de se ressourcer pour mieux donner.
- Revenir sur ses attentes : Le parent parfait n’existe pas. Les enfants n’ont pas besoin d’une disponibilité continue, mais d’adultes heureux, rassurants et capables de préserver leur propre énergie.
- Reconnaître ses signaux de fatigue : Épuisement, irritabilité, perte d’envies… Ce ne sont pas des faiblesses, mais des invitations urgentes à lâcher prise.
- Valoriser le modèle : Un parent qui prend soin de lui transmet à son enfant l’importance de l’équilibre personnel et du respect de soi.
Identifier ses besoins et trouver ses sources de ressourcement
Le temps pour soi peut prendre des formes très variées selon chacun : lecture, sport, arts créatifs, pause-café avec un ami, promenade, silence… ou tout simplement rêvasser. L’essentiel, c’est d’identifier ce qui vous fait vraiment du bien.
- Listez ce qui vous ressource : Faites un inventaire de « petits plaisirs » ou d’activités rapides qui redonnent de l’énergie, même quelques minutes par jour.
- Acceptez la variété : Un moment de solitude, une activité partagée avec des amis, ou même… ne rien faire ! Alternez selon vos envies du moment.
Passer à l’action : concrètement, comment dégager du temps ?
Le manque de temps est souvent l’obstacle numéro un. Pourtant, rares sont les emplois du temps absolument incompressibles. Il s’agit moins de s’octroyer de longues escapades que de saisir des instants pour souffler – et surtout d’oser les planifier.
Créer des micro-parenthèses au quotidien
- Déléguez sans honte : Conjoint, famille, amis, baby-sitter, service de garde temporaire… Faites entrer l’entourage dans l’organisation familiale dès que possible, même pour 30 minutes !
- Coupez symboliquement : Quand vous prenez du temps pour vous, signalez-le. Une porte fermée, un casque sur les oreilles ou un « Je reviens dans 20 minutes » marquent la limite.
- Profitez de la moindre occasion : Sieste des enfants, cours extra-scolaire, réunion décalée… Chaque « trou » peut devenir une opportunité de pause (et non pas systématiquement de rangement ou d’administratif).
Bloc-notes pratique : débusquer du temps dans son planning
- Utiliser un agenda partagé avec le ou la partenaire pour réserver des créneaux fixes, même courts.
- Instaurer un soir par semaine « off », où chacun gère ses envies.
- Oser demander de l’aide sur les groupes de parents locaux ou auprès des proches.
- Limitez les sollicitations inutiles (notifications, réseaux sociaux, taches non urgentes).
Lâcher prise sur la culpabilité : mieux comprendre ses émotions
La culpabilité parentale est un sentiment tenace, souvent alimenté par des jugements extérieurs ou des normes sociales irréalistes. Pourtant, persister dans l’abnégation fait rarement des miracles.
- Différencier besoin vital et caprice : Se ressourcer n’est pas du luxe, c’est indispensable pour tenir sur la durée.
- Se défaire de la comparaison : Ce que vous voyez sur les réseaux (parents « parfaits », maisons rangées, enfants souriants) est rarement la réalité !
- Dialoguer avec ses proches : Nommer son besoin de temps pour soi, c’est aussi ouvrir la voie à une organisation familiale plus saine.
Valoriser le temps « sans enfants » : pour soi, pour le couple, pour la famille
Prendre du temps pour soi rejaillit sur la qualité de la relation à l’autre, enfants ou conjoint(e) compris.
- Recharge émotionnelle : Retrouver son énergie, sa joie ou simplement le plaisir d’être en silence aide à désamorcer les tensions familiales.
- Renforcer l’épanouissement du couple : Un duo parental où chacun trouve l’espace pour s’exprimer est souvent plus solide sur la durée.
- Favoriser l’autonomie des enfants : Laisser parfois l’enfant s’occuper, jouer ou s’ennuyer seul, c’est lui permettre de développer sa créativité et son indépendance.
Des exemples concrets : oser passer à l’action
Ils/elles témoignent :
- « J’ai inscrit un créneau « bulle » dans mon agenda professionnel, même à la maison. Tout le monde le respecte, même les enfants : c’est devenu un rituel ! »
- « Nous avons instauré une soirée « chacun chez soi » tous les vendredis : une parenthèse pour souffler et retrouver le plaisir de se raconter nos soirées. »
- « J’ai longtemps culpabilisé de laisser les enfants à mes parents un week-end par trimestre, puis j’ai réalisé à quel point cette coupure bienveillante nous faisait du bien à tous. »
Checklist pratique pour cultiver son temps personnel sans culpabiliser
- Évaluer honnêtement son niveau de fatigue, de stress et de besoin de solitude.
- Lister les activités « ressources » (y compris rapides ou gratuites).
- Repérer dans la semaine les créneaux potentiels, même imparfaits.
- Contacter une personne de confiance pour un soutien ponctuel (conjoint, grand-parent, ami).
- Prévenir sa famille ou son entourage pour instaurer le respect de ce temps.
- Accepter l’imperfection – mieux vaut 10 minutes de lecture qu’aucun répit !
- Valider ce bénéfice à postériori, pour diminuer progressivement la culpabilité.
Pour aller plus loin : soutenir les parents dans la durée
Des associations de soutien, des groupes de parole, des ateliers bien-être ou encore des médiathèques locales peuvent permettre aux parents d’échanger, de s’évader, de souffler. Prendre contact, s’informer, et oser demander un relais n’est pas une fragilité, mais une force.
Vous trouverez sur la rubrique Parentalité de bonsplansfamille.fr d’autres articles, témoignages et ressources pour renforcer votre équilibre familial et garder la main sur votre bien-être. Parce qu’un parent ressourcé, c’est toute la famille qui en profite !