Parentalité

Préparer l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur

Par Maxime
6 minutes

Accueillir un nouveau-né en famille : une étape à vivre tous ensemble

L’annonce d’une nouvelle grossesse est un grand moment de bonheur pour les parents. Mais pour l’enfant – encore « l’aîné » – cette perspective soulève souvent autant de questions que d’excitation. Comment s’y préparer ? Comment accompagner son aîné pour l’aider à trouver sa place dans une famille qui s’agrandit ? De la préparation quotidienne à la gestion des émotions, chaque détail compte pour que l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur se déroule en douceur.

Anticiper en douceur : instaurer un climat rassurant

Prendre le temps d’expliquer, de dialoguer et d’impliquer l’enfant dans l’aventure familiale à venir est essentiel. Dès que la grossesse est connue et que les parents se sentent prêts à en parler, il est recommandé d’inclure rapidement l’aîné dans la préparation.

  • Parler avec des mots adaptés à l’âge : selon l’âge de l’enfant, on simplifie ou on explique davantage, mais on reste honnête sur ce qui l’attend (grossesse visible, fatigue, visites médicales, arrivée du bébé, changements).
  • Poser des repères dans le temps : utiliser un calendrier, des histoires ou l’évolution du ventre de maman pour matérialiser l’attente et rendre concrète la notion de « bientôt ».
  • Rassurer sur sa place dans le cœur des parents : multiplier les gestes d’affection, rappeler que l’amour parental ne se divise pas, il se multiplie.
  • Prendre au sérieux ses inquiétudes : accueillir avec bienveillance ses doutes ou petites peurs (« Va-t-il m’aimer autant ? Vais-je perdre ma place ? »), sans minimiser ni dramatiser.

Impliquer l’aîné dans les préparatifs concrets

Pour l’enfant, voir grandir le ventre de maman et participer aux préparatifs permet de tisser un lien avec le futur bébé, sans se sentir exclu.

  • Participer à l’aménagement de la chambre ou du lit du bébé : choisir ensemble une décoration, des peluches ou des habits.
  • Proposer de faire un dessin ou un petit cadeau pour le bébé : une œuvre ou une peluche « pour le/la petit(e) » que l’aîné pourra offrir le jour J.
  • Lire des livres sur le thème de la fratrie : de nombreux albums jeunesse abordent l’arrivée d’un bébé dans la famille, avec douceur et humour. Cette lecture à deux rassure et ouvre la conversation.
  • Créer une routine spécifique “enfants-parents”: installez un rituel qui continuera après la naissance (histoire le soir, balade, activité manuelle...) pour ancrer du temps exclusif entre l’aîné et ses parents.

Gérer les émotions : jalousies, doutes et régressions

L’arrivée d’un bébé bouscule l’équilibre familial. Même en anticipant, il est courant que l’aîné vive un cocktail d’émotions contradictoires : impatience, curiosité, mais aussi jalousie ou tristesse.

  • S’attendre à quelques régressions : pipi au lit, demande de dormir avec les parents, langage bébé... Cela exprime souvent le besoin de réassurance, pas une “mauvaise volonté”. Prendre le temps de rassurer, de valoriser l’aîné sur son “rôle de grand”, sans jamais le comparer au bébé.
  • Accepter la jalousie : l’aîné peut exprimer des phrases du type “Je n’aime pas le bébé”, “Rendez-le”, ou montrer de la distance, ce qui est tout à fait normal. L’accueillir sans juger, mettre des mots sur ses émotions, et valoriser ses qualités d’enfant “plus grand” font la différence.
  • Laisser le temps à chacun d’apprivoiser la nouvelle organisation : le bébé prend du temps et de l’énergie, mais l’aîné a besoin qu’on l’y aide en expliquant autant qu’en écoutant.

Le grand jour : organiser la rencontre avec le nouveau-né

La première rencontre reste un moment gravé dans la mémoire familiale. Quelques précautions de bon sens permettent à l’aîné de vivre cet instant de transition dans la confiance.

  • Prévoir la rencontre en toute intimité : éviter les visites groupées ; privilégier un temps “parent/enfant” calme pour découvrir le bébé.
  • Permettre à l’aîné d’approcher à son rythme : pas d’obligation à prendre le bébé dans ses bras dès la première minute — certains enfants préfèrent observer à distance.
  • Féliciter, remercier, valoriser le nouveau rôle : quelques mots bien placés (« Tu es devenu grand frère/sœur aujourd’hui, on est fiers de toi ! ») donnent confiance et renforcent l’estime de soi.
  • Pensez au petit cadeau “de la part du bébé” : une attention symbolique de la part du nouveau-né pour l’aîné marque le coup et suscite une émotion positive.

Construire le lien fraternel au quotidien

La vraie découverte commence une fois le bébé installé à la maison. Il faudra du temps pour que la relation de fratrie s’apaise et se développe. Ce sont souvent les petits rituels qui font la force de ce lien naissant.

  • Impliquer l’aîné dans la vie quotidienne du bébé : apporter une couche, montrer comment bercer, chanter une chanson... Loin de “le transformer en nounou”, il s’agit de lui permettre de jouer un rôle actif, selon ses envies.
  • Créer des moments de partage : regarder grandir “ensemble”, faire des photos, constituer un album de famille.
  • Répéter régulièrement l’amour et la fierté ressentis : des mots, des câlins, une tendresse jamais réservée uniquement au bébé.
  • Gérer équitablement les remarques de la famille ou des proches : éviter de tout centrer sur le nouveau-né lors des visites (“Et le grand, qu’est-ce qu’il devient ?”) pour que l’aîné garde sa place.

Anticiper le retour à la maison et les bouleversements d’organisation

Le rythme familial change radicalement, notamment les premières semaines avec un bébé qui réclame beaucoup d’attention de jour comme de nuit. Mieux vaut repérer à l’avance les sources de stress ou de fatigue pour l’aîné.

  • Préparer ensemble le planning : expliquer à l’enfant comment se déroulent les journées au retour à la maison, qui va s’occuper de lui, ce qui va changer et ce qui restera pareil.
  • S’entourer si possible : l’intervention de proches ou la planification de déplacements de l’aîné (chez les grands-parents, un parrain, une marraine…), au moins les premiers jours, peut aider à garder un équilibre et éviter qu’il ne se sente mis de côté.
  • Ne pas négliger le parent non porteur du bébé : il joue un rôle clé pour permettre à l’aîné de continuer à vivre des moments privilégiés en tête-à-tête.
  • Rassurer sur la durée : le bébé grandit vite, et l’organisation évoluera au fil des semaines. Insister sur le fait que les moments “à trois” (ou plus) ne sont pas supprimés, seulement ajustés pour quelques temps.

Astuces pour valoriser la relation entre frères et sœurs

  • Mettre en avant le rôle d’exemple (“Tu vas beaucoup lui apprendre !”) sans mettre sur les épaules de l’aîné trop de responsabilités.
  • Proposer des activités en duo adaptés à l’âge (chanter une berceuse, regarder un album photo, coller des stickers sur la boîte à souvenirs du bébé...)
  • Encourager l’expression des sentiments en famille (colère, joie, frustration, impatience), par le dessin, la parole ou les jeux de rôles.
  • Eviter les injonctions du type “Sois sage, tu es le (la) plus grand(e)” qui mettent la pression et créent du ressentiment.
  • Valoriser les progrès, même modestes, dans le lien fraternel : un sourire échangé, une caresse, un regard bienveillant, chaque petit pas compte.

Checklist pratique pour parents en attente d’un nouveau-né

  1. Informer l’aîné dès que la grossesse est visible et parler simplement de ce qui va changer.
  2. Prendre en compte ses réactions et l’inclure dans les différentes étapes (choix d’un doudou, visite de la maternité, aménagement de la chambre).
  3. Lire ensemble des histoires parlant de la fratrie, pour ouvrir la parole sur ses craintes ou ses espoirs.
  4. Poursuivre, autant que possible, des moments exclusifs avec l’aîné avant et après la naissance.
  5. Valoriser son nouveau rôle sans l’idéaliser ni lui demander d’être “parfait”.
  6. Encourager l’expression libre de toutes ses émotions, sans jugement.
  7. S’organiser à l’avance pour l’après-accouchement (gardes, relais familiaux, repas anticipés).
  8. Prévoir un temps de rencontre privé entre l’aîné et le bébé après la naissance.
  9. Ne pas s’inquiéter des réactions négatives ou des régressions : elles sont normales et passagères.
  10. Garder en tête que chaque famille avance à son rythme : il n’y a pas de modèle parfait !

En résumé : patience, écoute et adaptation sont les clés

L’agrandissement de la famille est un bouleversement aussi enthousiasmant qu’inédit pour l’enfant aîné. Préparer l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur, c’est d’abord accompagner chacun dans l’ajustement émotionnel et pratique que cela implique. Dialoguer, donner du temps, valoriser le lien qui se construit, tout en respectant les émotions de chacun, aideront à faire de cette naissance un moment fort pour toute la famille.

Pour des ressources complémentaires, témoignages ou idées de jeux autour de la fratrie, rendez-vous dans la rubrique Bébés sur bonsplansfamille.fr. Rien ne remplace l’expérience… mais de bons repères aident vraiment à traverser cette étape avec sérénité !

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