Santé des enfants

Comprendre et gérer l’asthme de l’enfant au quotidien

Par Maxime
5 minutes

L'asthme chez l'enfant : une maladie fréquente et parfois déroutante

En France, près d’un jeune sur dix est concerné par l’asthme, une maladie inflammatoire chronique des bronches pouvant se manifester très tôt, parfois dès la petite enfance. Concrètement, cela se traduit par une gêne respiratoire plus ou moins marquée, des épisodes de toux « sèche », un essoufflement lors des activités physiques, ou encore la fameuse « respiration sifflante ». Ces symptômes peuvent être spectaculaires, mais grâce à un diagnostic précoce et une gestion adaptée au quotidien, la grande majorité des enfants asthmatiques grandissent sans contrainte majeure.


Reconnaître les signes et consulter au bon moment

  • Toux persistante, surtout la nuit (plus de 3 semaines, sans explication infectieuse claire).
  • Respiration sifflante ou sensations d’oppression thoracique, plus fréquentes lors des efforts, de l’exposition au froid, à l’humidité, ou après un rhume.
  • Episodes répétés de difficultés respiratoires ou gênes à la pratique sportive (besoin de s’arrêter, toux qui empêche de courir longtemps).

En cas de doute ou d’aggravation des symptômes, il est primordial de consulter un médecin généraliste ou un pédiatre. Un questionnement approfondi, complété par des examens respiratoires (mesure du souffle à l’aide d’un débitmètre de pointe ou d’une spirométrie selon l’âge), permettra de distinguer l’asthme d’autres maladies respiratoires et de poser un diagnostic précis.


Quels sont les principaux déclencheurs ?

L’environnement joue un rôle majeur dans l’apparition et l’aggravation des crises. Certains enfants sont plus sensibles à :

  • Les allergènes : acariens, pollens, poils d’animaux domestiques, moisissures.
  • Irritants : fumée de tabac (y compris tabagisme passif), pollution atmosphérique, parfums d’intérieur ou d’ambiance.
  • Affections virales : rhume, grippe et autres infections ORL peuvent précipiter une crise.
  • Exercice physique soutenu : certains enfants déclenchent une gêne après le sport, mais avec un bon suivi, l’activité reste vivement recommandée.
  • Facteurs climatiques : air froid, changement brutal de température.

Chaque enfant a sa propre sensibilité, d’où l’intérêt de repérer les éléments déclenchants pour les limiter ou adapter l’environnement familial.


Les traitements : de la crise à la prévention

Deux grandes familles de médicaments

  • Les traitements de fond (inhalateurs de corticostéroïdes surtout) : ils réduisent l’inflammation et préviennent les crises, à prendre quotidiennement même en l’absence de symptôme.
  • Les traitements de la crise (bronchodilatateurs en inhalation) : ils agissent rapidement pour ouvrir les bronches et soulager les symptômes, à utiliser uniquement en cas de gêne.

La clé : bien suivre l’ordonnance et comprendre la différence entre traitement de fond et traitement de crise. Un schéma simple et personnalisé, joint dans le carnet de santé ou affiché à la maison, aide parents et enfants à bien s’y retrouver.


Comment bien utiliser les dispositifs d’inhalation ?

  • Respecter la technique : chaque type d’inhalateur nécessite une gestuelle précise (aérosol doseur, chambre d’inhalation, poudre sèche...). N’hésitez pas à demander une démonstration à votre médecin ou pharmacien.
  • Lavage de bouche après certains médicaments : pour éviter les effets secondaires (irritations, mycoses locales).
  • Impliquer l’enfant : dès le plus jeune âge, expliquer le geste, le rôle des médicaments, favorise l’adhésion et l’autonomie.

Gérer l’asthme dans la vie quotidienne : école, sport, sorties...

L’école : informer et rassurer

  • Signaler l’asthme dans le dossier scolaire et auprès de l’enseignant, de l’infirmière ou du référent santé.
  • Fournir un Projet d’Accueil Individualisé (PAI) si le traitement doit être pris sur le temps scolaire ou lors d’activités extérieures.
  • Remettre une copie du schéma de prise en charge des crises aux responsables.

Le sport, un levier de confiance à ne pas négliger

L’activité physique doit être poursuivie. Bien contrôlé, un enfant asthmatique peut tout à fait participer à l’EPS ou pratiquer un sport en club. Quelques gestes simples :

  • S’échauffer progressivement.
  • Emporter l’inhalateur de secours dans le sac.
  • Adapter l’effort si besoin, sans exclure l’enfant.

Si les symptômes sont réguliers pendant le sport, une réévaluation médicale s’impose.


Vacances, sorties, hébergements extérieurs : anticiper sans paniquer

  • Garder avec soi le traitement et une copie du schéma d’action en cas de crise.
  • Informer tout nouvel adulte référent (animateur, entraîneur...)
  • Repérer s’il existe des facteurs environnementaux nouveaux à limiter (poussière, animaux...)

Prévention et gestes au quotidien pour limiter les crises

Adapter son environnement

  • Ventiler régulièrement la chambre.
  • Limiter la présence de peluches ou de tapis dans la chambre, laver les draps à 60°C.
  • Éviter la fumée de tabac : interdiction stricte de fumer à la maison ou en voiture.
  • Préférer des produits ménagers simples, éviter les sprays parfumés.
  • Aspirer fréquemment pour limiter les acariens.

Allergies alimentaires et asthme

Bien que l’asthme soit surtout lié à des allergènes respiratoires, certains enfants conjuguent aussi des allergies alimentaires. Signalez bien toutes les allergies connues et, en cas de suspicion (réaction après un aliment nouveau), consultez rapidement pour un test adapté.


Agir en cas de crise : adopter les bons réflexes

  1. Installer l’enfant au calme, assis plutôt qu’allongé.
  2. Proposer dès que possible l’inhalateur de secours selon la dose recommandée.
  3. Rassurer l’enfant : l’anxiété aggrave souvent la gêne respiratoire.
  4. Surveiller l’amélioration en quelques minutes. Si aucune amélioration ou signes de gravité (gêne respiratoire majeure, difficultés à parler, lèvres bleues...) : appeler le 15 immédiatement.
A retenir : mieux vaut traiter une crise « pour rien » que trop tard.

Quelques idées reçues à déconstruire

  • L’asthme disparaît-il toujours à l’adolescence ? Non. Certaines formes s’améliorent, d’autres persistent, d’où l’importance d’un suivi régulier, même si les symptômes s’espacent.
  • L’enfant asthmatique doit-il arrêter le sport ? Au contraire, avec un asthme équilibré, l’activité physique est bénéfique, favorise l’autonomie et le bien-être.
  • Puis-je arrêter le traitement si tout va bien ? Non, le traitement de fond vise à éviter que l’asthme ne se réactive, même en dehors des périodes de crise.

Check-list pratique pour accompagner votre enfant asthmatique

  1. Faites diagnostiquer et contrôler régulièrement l’asthme par le professionnel de santé.
  2. Mettez à jour la trousse de secours (inhalateur, copie du schéma de crise).
  3. Affichez le schéma de prise en charge dans la maison.
  4. Expliquez et entraînez votre enfant à reconnaître ses symptômes (« J’ai du mal à respirer, je tousse, j’ai le thorax serré… »).
  5. Informez école, intervenants sportifs, proches réguliers de la conduite à tenir.
  6. Adaptez la chambre (acariens, aération…), supprimez toute exposition à la fumée de tabac.
  7. Préparez un PAI pour les sorties scolaires ou accueils collectifs.
  8. Ne négligez pas le suivi psychologique en cas d’anxiété liée à la maladie.

En conclusion : vigilance, pédagogie et sérénité

L’asthme ne doit pas être vécu comme une fatalité, ni devenir une source permanente de stress : bien expliqué, bien pris en charge, il permet à chaque enfant de poursuivre pleinement ses activités, avec la confiance de toute la famille. La clé ? S’informer, anticiper mais aussi faire confiance à la capacité d’adaptation des enfants. Pour aller plus loin, n’hésitez pas à consulter les ressources de l’Association Asthme & Allergies ou les tutoriels de gestion de crise, et à dialoguer régulièrement avec les professionnels de santé.


Pour d’autres conseils concrets, retours d’expérience de parents ou check-lists santé famille, visitez régulièrement bonsplansfamille.fr, rubrique « Santé des enfants ».
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