Santé des enfants

Identifier les signes d'une carence en fer chez l'enfant

Par Maxime
4 minutes

Comprendre le rôle du fer dans la croissance de l’enfant

Le fer est un oligo-élément essentiel au développement de l’enfant. Il entre dans la composition de l’hémoglobine, protéine qui transporte l’oxygène dans le sang, et il est également fondamental pour le bon fonctionnement du cerveau, du système immunitaire et des muscles. Or, les besoins en fer augmentent tout particulièrement pendant les phases de croissance rapide : petite enfance, adolescence ou encore pendant la puberté. Pourtant, les carences en fer (ou anémies ferriprives) restent fréquentes chez les enfants, en particulier chez les moins de 3 ans.


Pourquoi les enfants sont-ils à risque de carence en fer ?

Les plus jeunes sont vulnérables à la carence en fer pour plusieurs raisons :

  • Besoins accrus liés à la croissance rapide
  • Réserves de fer limitées, surtout chez les bébés ayant un faible poids de naissance ou nés prématurément
  • Apports parfois insuffisants via l’alimentation, notamment en cas de diversification trop tardive ou de consommation importante de lait non maternel après 1 an
  • Régimes alimentaires déséquilibrés ou végétariens mal surveillés
  • Pertes dues à certaines maladies digestives, allergies alimentaires ou infections à répétition

Les signaux à surveiller : comment repérer une carence en fer chez l’enfant ?

Repérer une carence en fer n’est pas toujours évident, car les symptômes peuvent s’installer progressivement et passent parfois inaperçus. Voici les principaux signes d’alerte à connaître.


Pâleur anormale

Un teint plus pâle qu’à l’accoutumée, des lèvres ou des paupières moins colorées peuvent être les premiers indices. La pâleur est souvent visible au niveau du visage, de la langue et de la paume des mains.


Fatigue persistante et manque d’énergie

L’enfant devient moins dynamique, se plaint de fatigue sans raison apparente et semble manquer d’entrain pour jouer ou participer aux activités habituelles. Chez le plus petit, cela peut se traduire par un besoin de dormir plus longtemps ou par des réveils matinaux difficiles.


Irritabilité, troubles de l’attention

L’irritabilité, les sautes d’humeur, les difficultés à se concentrer ou des résultats scolaires en baisse font partie des symptômes moins connus mais fréquents. Chez le nourrisson, on observe parfois des pleurs inexpliqués ou une plus grande nervosité.


Essoufflement et palpitations

Dans les cas de carence plus importante, l’enfant peut être rapidement essoufflé lors de petits efforts (marche, montée d’escaliers, jeux physiques), présenter des battements de cœur rapides ou irréguliers.


Chute de cheveux et ongles fragiles

Des cheveux ternes qui tombent plus que d’habitude et des ongles cassants, striés ou mous sont également des signaux à ne pas négliger.


Autres symptômes à surveiller

  • Pertes d’appétit ou refus de s’alimenter normalement
  • Retour ou accentuation des infections ORL (rhumes, angines, otites à répétition)
  • Retard de croissance ou prise de poids ralentie
  • Langue rouge, douloureuse ou fissurée
  • Envie inhabituelle de manger des substances non alimentaires (terre, craie… appelées « pica »)

Différencier les symptômes selon l’âge de l’enfant

Chez le nourrisson (0-2 ans)

  • Baisse de la courbe de poids ou de taille
  • Diminution de la tonicité musculaire
  • Irritabilité marquée ou déprime, repli
  • Infections répétées, faible résistance aux maladies

Chez l’enfant d’âge scolaire

  • Pâleur, fatigue récurrente, difficultés de concentration
  • Baisse de performances à l’école ou intérêt diminué pour le jeu et les activités physiques
  • Nombreuses absences pour maladie

Chez l’adolescent

  • Fatigue inexpliquée, troubles de l’humeur (irritabilité, anxiété, tristesse)
  • Baisse du rendement scolaire ou sportif
  • Cheveux et ongles en mauvaise santé
  • Chez les filles : règles abondantes pouvant aggraver la carence

Quelles sont les conséquences d’une carence en fer non dépistée ?

L’anémie ferriprive a des impacts sur la croissance physique et intellectuelle des enfants :

  • Développement cognitif ralenti : troubles de la mémoire, du langage, apprentissage plus lent
  • Baisse des défenses immunitaires
  • Risque de retard staturo-pondéral (croissance ralentie)
  • Altération des performances physiques (fatigue, endurance réduite)
  • Augmentation de la vulnérabilité aux infections

Il est donc essentiel d’identifier rapidement les signes pour agir avant que la carence n’impacte durablement la santé et les capacités de l’enfant.


Que faire si l’on suspecte une carence en fer chez son enfant ?

  1. Prendre rendez-vous chez le médecin
    Ne jamais démarrer une supplémentation sans avis médical : seul un bilan sanguin (dosage de la ferritine, du fer sérique et de l’hémoglobine) permet de confirmer la carence et son niveau de gravité.
  2. Évoquer les antécédents familiaux et le contexte
    Précisez les régimes alimentaires suivis, les éventuelles maladies digestives, la fréquence des infections…
  3. Surveiller l’alimentation familiale
    Introduisez davantage d’aliments riches en fer dans les repas en attendant l’avis du professionnel de santé : viande rouge, poissons, œufs, légumes secs, céréales complètes, légumes verts à feuilles (épinards, brocolis), fruits secs…
  4. Prendre en compte la vitamine C
    La vitamine C favorise l’absorption du fer. Proposer en complément des crudités, agrumes, kiwi ou jus de fruits frais au moment des repas.

Prévenir la carence en fer : les bonnes pratiques à adopter au quotidien

  • Respecter la diversification alimentaire et éviter le lait de vache pur avant 1 an (trop pauvre en fer et difficile à digérer)
  • Privilégier des repas variés, équilibrés, avec une portion quotidienne d’aliments d’origine animale ou de légumineuses associées à des céréales
  • Limiter la consommation excessive de lait (>500 ml/jour après 1 an), qui diminue l’appétit pour les autres aliments riches en fer
  • Penser aux céréales infantiles enrichies en fer pour les plus petits (demandez conseil à votre pédiatre)
  • Ne pas hésiter à consulter si l’enfant présente des troubles digestifs chroniques ou un appétit particulièrement faible
  • Pour les végétariens, s’assurer d’associer sources de fer végétal et vitamine C, voire d’en parler avec le pédiatre pour éviter les déséquilibres

Les pièges à éviter pour ne pas aggraver la carence

  • Supplémenter l’enfant avec des compléments alimentaires sans suivi médical
  • Forcer la consommation de lait ou d’aliments au détriment de l’équilibre général
  • Ignorer une fatigue persistante sous prétexte que « c’est l’âge »
  • Négliger un retard de croissance ou des infections à répétition

En résumé : détecter tôt pour protéger son enfant

La carence en fer chez l’enfant est souvent silencieuse, mais elle peut alourdir le quotidien et impacter durablement le développement si elle n’est pas repérée et traitée à temps. Observer, dialoguer, adapter l’alimentation et consulter régulièrement permettent de la prévenir et d’offrir à son enfant toutes les chances de bien grandir. Repérer une fatigue inhabituelle, une pâleur ou des changements de comportement n’est jamais anodin : la vigilance parentale est un atout de taille.

Pour des idées de menus riches en fer, des repères simples et des témoignages de parents ayant traversé une telle situation, consultez notre rubrique Santé des enfants sur bonsplansfamille.fr.


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